Li Shizeng

Li Shizeng (chinois : 李石曾 ; pinyin : lǐ shízēng), né le 29 mai 1881, décédé le 30 septembre 1973, est un éducateur, promoteur de doctrines anarchistes, activiste politique et membre du Parti nationaliste chinois (Kuomintang) pendant la République de Chine (1912-1949).
À partir de 1954, il devient Conseiller du régime nationaliste de Taïwan, il meurt à Taibei en 1973.
Arrivé à Paris en 1902, de 1903 à 1906, Li Shizeng fréquente les cours de l’École pratique d’agriculture de Montargis puis, en 1906, il se lance dans l’étude de la biochimie à l’Institut Pasteur. Ses recherches sur le soja font l’objet d’une publication et conduisent à l’ouverture d’une petite usine à Colombes, pour la fabrication de tofu, employant une trentaine d’étudiants chinois qui, avec ce dispositif de travail à mi-temps, peuvent subvenir à leurs besoins financiers le temps de leurs études en France.
Il organise des échanges culturels entre la France et la Chine et crée le programme du Mouvement Travail – Études qui amène des étudiants chinois en France pour travailler dans des usines.
Quelques années plus tard, en 1914, il ouvre le premier restaurant chinois de Paris.
En 1915, il fonde à Paris la Société du travail diligent et des études frugales (Qingong jianxue hui) puis en 1916, avec Cai Yuanpei, il crée la Société franco-chinoise d’éducation (Hua Fa jiaoyuhui). Une grande partie de sa vie est consacrée à la coopération franco-chinoise dans le domaine de l’éducation : il est à l’initiative de l’Université franco-chinoise de Pékin, et d’autres institutions internationales telle la Bibliothèque sino-internationale de Genève.
Li Shizeng rentre en Chine après la défaite du Japon et se rend à Shanghai ; en 1956, il part pour Taiwan où il décède en 1973, à l’âge de 92 ans.
Personnalité hors du commun, Li Shizeng a consacré sa vie à la promotion de l’éducation. Politiquement proche de certains milieux anarchistes chinois – il a lu Proudhon et Kropotkine – sa morale politique est teintée d’universalisme et d’un syncrétisme qui puise dans la tradition chinoise et les libertaires occidentaux. Pendant plusieurs dizaines d’années, sa vie est imprégnée des cultures française et chinoise. Sa contribution à la formation des élites chinoises d’avant 1949 est immense.